Woody Allen: A Documentary Review

By Jean-Jacques Corrio

Woody Allen: A DocumentaryCannes et son Festival ne peuvent pas se passer de Woody Allen : contrairement à l’habitude, son film annuel (To Rome With love, qui sortira le 4 juillet sur les écrans français) n’était pas présent sur la Croisette MAIS l’ouverture de Cannes Classique présentait Woody Allen : A Documentary, un documentaire de Robert B. Weide sur la vie et l’œuvre du maître new-yorkais.


Synopsis : Un regard intime sur la vie, la carrière et le processus créatif de l’auteur-réalisateur le plus prolifique des États-Unis, de sa plus tendre enfance à Brooklyn jusqu’à la sortie de son dernier film à succès “Minuit à Paris”.

Woody Allen: A Documentary

Sa vie

Chercher à résumer la carrière de Woody Allen en 113 minutes, cela tient de la gageure ! Lorsque le film se termine, avec Midnight In Paris, Woody a déjà près de 76 ans et plusieurs carrières à son actif : gagman, stand-up à Greenwich Village, scénariste, comédien et plus de 40 films en tant que réalisateur. Si le film ne s’attarde pas sur ses prestations musicales de clarinettiste, s’il ne fait qu’effleurer les déboires sentimentalo-judiciaires après que Mia Farrow, sa compagne de l’époque, ait découvert l’attrait de Woody pour sa fille adoptive Soon-Yi Previn, il arrive à être relativement exhaustif sur tout le reste. Robert B. Weide commence par nous montrer l’environnement géographique de la jeunesse de Woody : Brookyn, la maison de ses parents, son école, le cinéma Midwood où il vit ses premiers films, un cinéma fermé au début des années 1980 et devenu centre médical. Toutefois, pour le public français, l’intérêt majeur du documentaire réside à coup sûr dans ce qu’il montre de la carrière comique de Woody à la télévision, vers la fin des années 50 et le début des années 60, un volet de Woody Allen peu connu dans l’hexagone.

Son oeuvre

Quand on aborde les films, il est impossible de tous les visiter en si peu de temps. Robert B. Weide alterne extraits de certains films et interviews de personnalités du cinéma, des stars ayant travaillé sous sa direction, des réalisateurs ayant un avis sur son travail et Woody Allen lui-même. Les tout premiers films ont une place de choix et cela donne une envie folle de les voir ou les revoir. On regrette le refus de Mia Farrow de participer au documentaire, ainsi que celui de Spike Lee, surnommé le Woody Allen noir, mais qui, il y a plusieurs années, avait regretté que Woody Allen n’utilise jamais de comédiens afro-américains dans ses films. Par contre, Entendre Woody Allen parler de ses films est fort intéressant : cela permet entre autre de constater que le film de lui qu’il préfère, Stardust Memories, n’est probablement pas le préféré des critiques ni celui du public.

Woody Allen: A Documentary

Une comparaison

En voyant Woody Allen : A Documentary et en constatant que Woody était, en 1963, un pilier de Bitter End, la célèbre salle de Greenwhich Village, on ne peut s’empêcher de penser à un rapprochement entre Woody et Bob Dylan, également pilier de cet établissement à peu près à la même époque. Peut-être, sans doute, s’y sont-ils rencontrés. En tout cas, tous les deux sont d’origine juive et tous les deux sont de plus en plus actifs à un âge où, généralement, on a tendance à lever le pied : Woody, c’est un film tous les ans, Bob, c’est la tournée commencée en 1988, la Never Ending Tour, la tournée qui ne finit jamais. Woody et Bob, même combat, immenses talents.

Résumé

Qui aime Woody Allen, c’est-à-dire à peu près tout cinéphile digne de ce nom, ne peut pas manquer un tel documentaire. Même imparfait, il nous permet de mieux le connaître, il nous donne envie de partir sur sa trace dans ce New-York qu’il aime tant et qu’il a si bien servi sur les écrans ainsi que de revisiter l’ensemble de sa filmographie.

woody collage